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publié le 26 févr. 2013 à 09:41 par Jean-Pierre Quazza   [ mis à jour : 13 mars 2014 à 10:43 ]

Preface au Layman's Guide

Le texte en anglais et en français, de la préface de Brill figure dans les "images" (scans) qui figurent à la suite des trois contributions ci-dessous


CONTRIBUTION DE B. EVRARD


Tout d'abord je me pose une question... par curiosité historique : qui donc a demandé à Brill d'écrire la préface de cet ouvrage ? L'éditeur ? Pour donner aux lecteurs la garantie de quelqu'un de déjà connu ? Berne lui-même ? Et pour quelles raisons ? Se connaissaient-ils ?


On peut supposer qu'il est plus plausible que cette préface ait été écrite à la demande de Berne, mais rien ne l'affirme. La proposition aurait pu même venir de Brill lui-même, quoique le style qu'adopte ce dernier en laisse supposer autrement.


Mais laissons là ces questions pour aborder le contenu de cette préface.

Ce que dit Brill m'intrigue : Lui, psychanalyste chevronné, a besoin d'une lecture attentive pour reconnaître en l'auteur de ces lignes, un psychanalyste. Cependant, malgré cette difficulté première, il est catégorique : E. Berne est un psychanalyste.


Comment comprendre cela ?


L'intérêt de ce commentaire ne réside pas pour moi dans le fait de savoir si Berne était psychanalyste ou pas. Le point sensible se situe pour moi sur un autre plan. En effet : pourquoi donc Brill a-t-il éprouvé tant de difficulté à identifier Berne comme psychanalyste ? On peut se dire que c'est parce qu'il utilise un vocabulaire et des descriptions qui sont différentes de celles utilisées classiquement. En effet, Brill semble souligner ce fait quand il dit d'une part que « Dr Berne has the happy faculty of documenting and presenting abstruse mental processes in such a simple and alluring way that he can hold the interest of even a jaded psychoanalytic reader », et d'autre part lorsqu'il présente Berne comme « a young Freudian who, like the new generation of Egyptians 'did not know Joseph' and hence could follow a new path and expound the new psychology without the affectivity of the older Freudians ».


Mais si malgré sa difficulté, Brill reconnaît le psychanalyste de manière catégorique en Berne, c'est qu'il y a « quelque chose » dans ce que développe Berne qui le rattache inévitablement à la pensée psychanalytique et que ce « quelque chose » est perceptible par un psychanalyste, mais bien caché.


Serait-ce une des raisons pour laquelle de nos jours nous avons l'impression de « sauts » dans la logique de Berne ?


Le texte de Berne évoque donc inévitablement pour Brill une série de liens avec la théorie psychanalytique et ces liens donne par conséquent un sens particulier à ce que développe Berne.


On peut se demander alors à juste titre si un lecteur non psychanalyste comprend Berne de la même manière ?


Ne laissons-nous pas dès lors dans l'ombre un pan entier de la compréhension de Berne si l'on fait abstraction de la psychanalyse ?


Ce que dit Brill m'intrigue : Lui, psychanalyste chevronné, a besoin d'une lecture attentive pour reconnaître en l'auteur de ces lignes, un psychanalyste.  Cependant, malgré cette difficulté première, il est catégorique : E. Berne est un psychanalyste.  

Comment comprendre cela ?

L'intérêt de ce commentaire ne réside pas pour moi dans le fait de savoir si Berne était psychanalyste ou pas.  Le point sensible se situe pour moi sur un autre plan.  En effet : pourquoi donc Brill a-t-il éprouvé tant de difficulté à identifier Berne comme psychanalyste ? On peut se dire que c'est parce qu'il utilise un vocabulaire et des descriptions qui sont différentes de celles utilisées classiquement.  En effet, Brill semble souligner ce fait quand il dit d'une part que « Dr Berne has the happy faculty of documenting and presenting abstruse mental processes in such a simple and alluring way that he can hold the interest of even a jaded psychoanalytic reader », et d'autre part lorsqu'il présente Berne comme « a young Freudian who, like the new generation of Egyptians 'did not know Joseph' and hence could follow a new path and expound the new psychology without the affectivity of the older Freudians ».

Mais si malgré sa difficulté, Brill reconnaît le psychanalyste de manière catégorique en Berne, c'est qu'il y a « quelque chose » dans ce que développe Berne qui le rattache inévitablement à la pensée psychanalytique et que ce « quelque chose » est perceptible par un psychanalyste, mais bien caché.  

Serait-ce une des raisons pour laquelle de nos jours nous avons l'impression de « sauts » dans la logique de Berne ?

Le texte de Berne évoque donc inévitablement pour Brill une série de liens avec la théorie psychanalytique et ces liens donne par conséquent un sens particulier à ce que développe Berne.

On peut se demander  alors à juste titre si un lecteur non psychanalyste comprend Berne de la même manière ?

Ne laissons-nous pas dès lors dans l'ombre un pan entier de la compréhension de Berne si l'on fait abstraction de la psychanalyse ?

CONTRIBUTION DE J. MAQUET


... Où l’on apprend que l’auteur de la préface du premier livre de Berne  s’est formé en partie avec Bleuler et Jung, a été le traducteur de nombreuses œuvres de Freud,  et a joué un rôle déterminant dans l’introduction et l’essor de la psychanalyse aux USA …


Abraham Arden Brill est un médecin psychiatre, psychanalyste, né en 1874 en Galicie, mort à New York en 1948. Il émigra aux USA à l’âge de quinze ans, sans sa famille et presque sans argent. Il dut travailler parallèlement à ses études afin de subvenir à ses besoins, et obtint en 1904 son doctorat du College of Physicians and Surgeons à l’Université Columbia.


Brill travailla comme psychiatre dans le New York State Mental Hospital System sous la direction d’Adolph Meyer et August Hoch, de 1903 à 1907.


En 1907 il partit pour l’Europe : Paris, puis Zurich où il s’initia à la naissante science psychanalytique à l’hôpital psychiatrique du Burghölzi, avec E. Bleuler et C.-G. Jung. De retour après un an il exerça au Bellevue Hospital jusqu’en 1911.


En 1909 il assista aux conférences données à la Clark University par S. Freud, puis il l’accompagna dans ses pérégrinations à partir de New York. Il fut le premier psychanalyste praticien d’Amérique et intéressa quelques psychiatres new-yorkais aux idées psychanalytiques.


Le 12 février 1911 il fonda la New York Psychoanalytic Society avec quinze autres médecins, plusieurs mois avant que l’American Psychoanalytic Association, dont la création était poussée par S. Freud, ne voie le jour. Jusqu’à la fin de la Première Guerre Mondiale Brill anima presque seul la New York Psychoanalytic Society et s’employa à propager et défendre la psychanalyse, intervenant devant diverses sociétés de médecine, de neurologie et de psychiatrie et aussi devant des groupes de non-médecins. Il donna des cours à des travailleurs sociaux. Ses conférences étaient reprises dans la presse, spécialisée ou généraliste. Dans les années 1930 il anima une émission radiophonique hebdomadaire sur les maladies mentales.


Il influa également beaucoup sur la dissémination des idées psychanalytiques en Amérique en traduisant en anglais les œuvres majeures de S. Freud, ainsi que quelques ouvrages de C.-G. Jung et le Textbook of Psychiatry d’E. Bleuler. Lui-même publia de nombreux articles de revue et des livres importants, dont Psychoanalysis (3e édition, 1922) et Fundamental Concepts of Psychoanalysis (1921).


Brill joua aussi un rôle dirigeant dans des institutions psychanalytiques et psychiatriques : American Psychoanalytic  Association, New York Psychoanalytic Society. C’est entre 1929 et 1936 que son influence sur les psychanalystes américains fut la plus importante. Il était convaincu que la psychanalyse ne pouvait survivre aux USA qu’en conservant son identité médicale. Il joua également un rôle important au niveau de l’American Psychoanalytic Association.


Durant les dix dernières années de sa vie, même s’il se trouva progressivement évincé, d’abord par les Américains B. Lewin et L. Kubie, puis par les psychanalystes viennois émigrés à New York, il resta un psychanalyste respecté.


Il aura tenu un rôle prépondérant dans l’essor de la psychanalyse aux Etats-Unis.

Source : article Brill, Abraham Arden, rédigé par Arnold D. Richards (New York Psychoanalytic Institute),  in Dictionnaire international de la psychanalyse, sous la direction de Alain de Mijolla, Hachette Littératures 2005, pages 248-250

                       

CONTRIBUTION DE J.P. QUAZZA


Il n’y a pas grand chose à dire sur cette préface, qui apparaît comme largement de circonstance, écrite par un psychanalyste prestigieux occupant des fonctions institutionnelles, et  comme le dit l’auteur, plus âgé de quarante ans par rapport à BERNE.


Au reste, presque tout est dit dans la première phrase :


« The author is a well trained psychoanalytic psychiatrist, an avowed Freudian, and it took a number of chapters before I was actually convinced of it. »



Sur les deux premiers termes : « well trained psychoanalytic psychiatrist »  d’une part et « avowed Freudian » d’autre part , on peut légitimement se poser la question de savoir s’ils résultent du jugement propre de Brill, ou bien s’ils correspondent à la présentation que Berne aurait faite de lui-même en sollicitant cette préface. Je penche plutôt pour la seconde hypothèse, surtout compte-tenu de la date à laquelle cette préface a été rédigée : à cette époque, Berne n’avait pas renoncé à devenir Psychanalyste.

Il est intéressant d’ailleurs de lire en parallèle l’avant propos de Berne à la troisième édition dix ans plus tard, dans lequel il n’hésite plus à prendre quelque distance avec la théorie freudienne : « …transactional analysis and other new aproaches to psychotherapy have graduallly been taking over in areas where psychoanalysis has not proved satisfactory. »


On peut donc penser que cette revendication de la première édition correspond à l’imago que Berne entendait projeter à l’époque (1947).


Mais immédiatement après, le constat de Brill n’est guère éloigné du nôtre, soixante cinq ans plus tard : « yet it took  a number of chapters before I  was actually convinced of it. »  Autrment dit, Berne met Freud à sa sauce et Brill a eu un peu de mal à s’y retrouver.


Sur le reste de la préface, pas grand chose ne me frappe sinon la reconnaissance du lien fvoulu par Berne entre psychanalyse et fonctionnement du cerveau.



C

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Jean-Pierre Quazza,
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Jean-Pierre Quazza,
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Jean-Pierre Quazza,
4 mars 2014 à 01:43
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